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 (Credit Photo: FMBB)

Né le 08 juin 1970 à Bamako, fils de Sékou TRAORE et de Fanta KONE, Amara TRAORE est un entraineur de Basketball. Natif de Médina Coura, il pratiqua pas mal de disciplines sportives à bas âge (Football, Basketball). Mais c’est le basket qui finira par prendre une part importante dans la vie du coach expérimenté. Entraineur de l’AS Police depuis 2008, Amara a déjà porté son empreint à l’équipe Dame et compte offrir le premier titre de champion à l’AS Police cette saison. Il nous a accordé une interview exclusive sur le terrain des policiers à N’Tomikorobougou.

L’Express de Bamako : Pouvez-vous nous parler du joueur Basketball qui était Amara?

 

Amara TRAORE : J’aimais beaucoup pratiquer le sport en général. Je jouais au basket, au football, à l’Athlétisme. A un moment donné de ma vie, j’ai été confronté à un problème de temps après l’obtention du DEF. J’ai été orienté au lycée Technique de Bamako et je descendais tard. Pour ne pas rester sans rien faire, la nuit, on allumait la lumière du terrain de basket du lycée jeune fille, l’actuel LBAD. Aussitôt le basket a pris une part importante dans ma vie sportive. J’ai joué avec l’AS Réal, l’AS BEAO, l’USFAS et l’AS Mandé.

L’Express de Bamako : Pourquoi avez-vous choisi de devenir entraineur ?

 

Amara TRAORE : Après avoir cessé de jouer, j’ai été tenté de chercher ce que je n’ai pas eu en tant que joueur de Basketball, c'est-à-dire  être sélectionné en équipe nationale et remporté des trophées. C’est ce qui m’a poussé à ne pas être toujours en dehors de ce sport afin de pouvoir  mériter quelque chose de cette discipline passionnante.

L’Express de Bamako : pouvez-vous nous parler de vos  débuts et de vos performances locales ?

 

Amara TRAORE : J’ai commencé ma carrière d’entraineur avec l’AS Commune III en 2001 où je suis l’initiateur, j’ai continué là-bas avec tant de succès. En commune III, c’était le bénévolat, l’équipe était confrontée à beaucoup de difficultés financières. A un moment de ma vie, la nécessité de certaines  responsabilités familiales s’est  fait  sentir, notamment avec le mariage et autres, il fallait chercher ailleurs. Du coup, j’ai répondu à  l’appel des policiers en 2008 pour avoir une source de revenu autre que mon salaire. L’AS Police me convenait bien parce qu’elle avait le même profil que la Commune III, une équipe qui n’avait rien remportée sur le plan national. Je me suis fixé comme objectif de bousculer la hiérarchie. Le basket malien féminin a longtemps été dominé par le Stade Malien et le Djoliba. J’ai rempli la première partie de ma mission en offrant la coupe du Mali à cette équipe pour la première fois. Il reste maintenant le championnat et éventuellement d’autres coupes du Mali. Je suis en train de bâtir une équipe dynamique, un groupe qui s’entende, qui s’aime, qui a le désir de jouer ensemble. Il ne s’agit pas d’avoir des joueuses seulement, mais surtout créer un enthousiasme, bref faire gagner l’équipe en confiance. Nous disposons les moyens de nos objectifs.

L’Express de Bamako : Quels ont été vos succès internationaux ?

 

(Credit Photo: FMBB)

Amara TRAORE : Sur le plan international, j’ai eu à coacher l’équipe nationale junior fille trois fois. En 2006, 2008 et 2010, avec à la clé deux succès en coupe d’Afrique des Nations. Après, c’était au tour des séniors Dames sacrées en 2015 lors des Jeux Africains à Brazza et la cinquième place à la CAN.

L’Express de Bamako : Quel est le rôle et la place d’Amara TRAORE dans la ligue du District de Bamako ?

 

Amara TRAORE : Je suis le directeur technique régional dans la ligue du District de Bamako pour un mandat de quatre ans. C’est une confiance que les dirigeants du basket m’ont accordé, surtout régional, le District de Bamako. Ce poste est très sensible. Il  est le moteur du basket. Mon rôle est de définir le plan du basket, c'est-à-dire, donner les directives aux  entraineurs du District de Bamako  en leur proposant des plans de formation, des idées pour qu’ils se retrouvent, à discuter du basket, leur mobiliser, sensibiliser par rapport à la discipline et par rapport au travail des fondamentaux de base afin d’aller chercher des trophées sur le plan international. Le dernier succès des équipes maliennes en coupe d’Afrique des clubs champions remonte en 2005, après le sacre du Djoliba Dame.

 

L’Express de Bamako : Quelles explications donnez-vous à la performance des Dames par rapport aux Messieurs ?

Amara TRAORE : Nos dirigeants doivent changer de politique au niveau des hommes. On a migré vite avec les expatriés, ce qui fait qu’il n’y a pas assez de connexions. Sinon, ce sont eux qui ont joué en premier lieu la première demi-finale d’une coupe d’Afrique des Nations, c’était en 1987. Il faudra bâtir l’équipe au niveau des cadets, juniors, comme les Dames l’ont fait en 2007 en offrant la première coupe d’Afrique séniors au Mali, à Dakar. C’était en amont le travail des années précédentes, le sacre des juniors Dames en 1999, 2001 la coupe d’Afrique des clubs remportée par le Djoliba en 2005…C’était donc une continuité, l’ossature était là. Les hommes ont besoin d’une équipe stable ou les cadres  acceptent de défendre valablement le drapeau. Autour de ces cadres, il aura des soldats qui vont se battre  avec un entraineur qui va travailler dans la durée. Je pense qu’avec ça, il aura forcement un résultat. Le Nigeria vient de montrer la preuve en remportant la CAN sénior avec une équipe bien structurée qui était en place depuis quelques années.

L’Express de Bamako : Quel appel  avez-vous à lancer aux dirigeants du basket pour le développement de la discipline ?

 

Amara TRAORE : C’est de mettre un accent particulier sur le basket local afin que les clubs locaux puissent jouer les championnats d’Afrique des clubs champions. Cette compétition est un véritable tremplin pour ces joueurs en vue de la CAN. Avoir un championnat de renom, c'est-à-dire un championnat de haut niveau où il aura la première et deuxième division. Inciter les partenaires à venir investir dans le basket pour que la fuite des joueurs vers l’Algérie, la Cote d’Ivoire… cesse. Permette aux équipes de faire des petits contrats avec les joueurs.                                                                                                                           Réalisée par Mohamed DIAKITE