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 «Tout ce qu’on demande, c’est du sérieux et de la bonne organisation en équipe nationale»

 

 

 

L’Express de Bamako : Quelle est aujourd’hui l’actualité de Amara Sy ?

Amara Sy : L’actualité de Amara Sy, c’est toujours d’avoir une vie normale. Je suis toujours joueur de Villeurbanne (ASVEL) et là je suis sur ma dernière année de contrat et actuellement avec le club pour on n’est pas très bien dans le classement, mais on se bat très dur pour se qualifier aux play-offs.  Hier on a réussi une grosse victoire qui nous amenées dans le Top 8. J’espère qu’on va pouvoir y rester et essayer de rallier le Top 4 pour jouer les play-offs dans de bonnes conditions.

L’Express de Bamako : Nous avons suivi votre mariage il y a quelques temps, comment arrivez-vous à conjuguer cette vie de famille et la carrière de joueur professionnel de haut niveau?

Amara Sy : Ben, c’est assez simple pour moi et j’ai eu la chance d’être Papa l’été dernier. Ma fille a 19 mois et inchallah il y a un petit garçon  qui va arriver d’ici deux semaines si tout se passe bien. J’ai une femme qui s’occupe bien de mes enfants, aussi bien de moi, ça permet d’avoir un équilibre. C’est vrai qu’on me l’a souvent dit, mais de le vivre c’est assez exceptionnel. J’ai eu aussi la chance de jouer dans un club que je connais bien donc les choses ont été faciles pour moi, donc j’ai eu que du bonheur et pas de contrainte du tout. J’ai eu que du bonheur que du positif après on verra pour la suite la suite.

L’Express de Bamako : Vous avez dit que c’est la dernière année avec ASVEL, avez-vous  une idée déjà la nouvelle  destination?

Amara Sy : Bon, dans le sport professionnel en tout cas le basket en France, on essaye de ne pas trop se projeter dans le futur puisque ça peut vous jouer des tours, on perd la concentration et l’objectif c’est essayé de gagner des titres avec Villeurbanne. Là, on est encore en course pour la Coupe de France. On va jouer le quart de final le 18 mars et comme je t’ai dit tout à l’heure, on essaye  de se qualifier pour les play-offs et essayer  de ramener un titre comme en 2009. Cela ne serait pas mal. Dans un premier temps c’est ça et après on verra, on essaye de se focaliser d’abord, les objectifs à court termes et après on verra ce qui passera mais en général les agents vont commencer à se manifester ou les clubs vont commencer à se manifester d’ici 2 mois, donc ça sera pour faire des propositions ici en Villeurbanne ou ailleurs, mais pour l’instant je suis focalisé sur les matches pour être le plus performant que possible et après on verra. Quand on est performant, le reste va suivre et je ne me fais pas de soucis pour ça.

L’Express de Bamako : Amara Sy, c’est le professionnel de haut niveau en France, mais aussi l’emblématique capitaine de l’équipe nationale du Mali. Quels sont vos liens avec cette équipe nationale duMali aujourd’hui?

Amara Sy :  J’ai  repris contact avec l’équipe du Mali à travers le président (Me Jean Claude Sidibé :ndlr)  qui m’a appelé pour essayer de parler de mettre les choses en place, parce que les gens qui suivent le basket malien, qui me suivent savent qu’il avait eu quelques différends avec l’équipe nationale notamment les anciens dirigeants, c’est pour ça que j’avais décidé de mettre un terme à ma carrière internationale à contre cœur mais comme on parlait avec certains dirigeants et qui essayaient de mettre les choses, mais au final, des promesses  n’ont pas été tenues et donc ça créer des divergences. Voilà, on ne va pas rentrer dans les détails mais c’est à cause de cela des contacts se sont recréés petit à petit, on sait pas, peut être un retour sera peut être possible en été, c’est trop tôt de le confirmer, mais il faut encore qu’on discute et mettre des choses en place. Qu’ on essaye d’avancer parce que dans le basket malien comme je l’ai toujours dit, il y a des potentiels, ça fait des années qu’on le dise, on a des potentiels, il faut qu’on le confirme, donc c’est comme si on va partir de zéro mais c’est assez bizarre moi aussi je vieilli j’ai 33 ans aujourd’hui y a pleine de questions, pleines de choses qui rentrent en compte, on va faire une bonne discussion avec les dirigeants et essayer de voir ce qui sera mieux pour l’équipe nationale et puis pour moi aussi.

L’Express de Bamako : Mais, est-ce qu’ aujourd’hui vous avez des choses précises sur lesquelles le retour sera conditionné par rapport avec cette nouvelle équipe de la fédération malienne de basket Ball dont le président fait des efforts pour que cela puisse être fait ?

Amara Sy : En fait, ce qu’on demande n’est pas grand-chose, moi je parle en tant que capitaine même si je ne joue plus pour l’équipe, je parle en tant que capitaine, je parle au nom de tous les joueurs. Ce qu’on demande c’est du sérieux, de la bonne organisation. Cela n’a pas l’air sérieux quand on en parle, mais à chacune de nos campagnes cela n’a été le cas, donc, comme j’ai

 dit on reprend contact petit à petit avec les dirigeants. Je vois qu’il y a une réelle volonté de faire beaucoup mieux, c’est déjà pas mal, on ne demande pas de tout changer du jour au lendemain mais d’essayer de faire la démarche de vouloir avancer, d’évoluer dans le bon sens. C’est un bon début, c’est comme ça qu’on avance donc comme on le dit, il faut qu’on discute et après on va voir, mais en tout cas c’est plus positif et je suis beaucoup plus optimiste par rapport à quelques mois.

L’Express de Bamako : Au-delà de l’équipe nationale est-ce que vous avez des projets ou des activités humanitaires au Mali pour donner plus de chance aux jeunes qui vous admirent depuis de nombreuses années ?

Amara Sy : Ma famille est là-bas, ma mère était à Bamako depuis plus de 8 mois et qui est rentrée il n’y a pas longtemps. Mon grand frère, ma grand-mère sont tous là-bas. J’ai des projets forcement là-bas avec ma grande sœur. On a acheté pas mal de terrains là-bas et puis après tout ce qui concerne l’humanité et pour l’instant moi, je suis ambassadeur de l’association Giving Back de Yohann Sangaré, lui, il a pris beaucoup d’avance sur nous autres parce qu’il est président de cette association. Nous, on est juste des ambassadeurs donc petit à petit le projet, est qu’à la fin de ma carrière, je pourrais me focaliser là-dessus puisque j’aurais plus le temps d’aller et retour, quand on fait des projets il est bon de rester sur place Yohann a eu la chance d’avoir pris cette avance. Il travaille avec Babacar SY qui bouge beaucoup grâce à Dieu l’association est très reconnue en France et en Afrique de l’Ouest, donc on va essayer de revenir avec un autre projet qui sera également dans l’humanitaire aussi, mais j’essaie de faire autre chose, je sais que l’Afrique a pas mal de besoins donc là je me bats dans pour aider les orphelinats. Je pense que nous sommes dans l’humanitaire mais il y a tellement de choses au Mali, tellement de choses à faire en Afrique. Nous sommes obligés avec les moyens qu’on a de faire quelque chose, sinon qui le fera à notre place ?

L’Express de Bamako : Après toutes ces années de professionnalisme, avez-vous des regrets par rapport à des choses ?

Amara Sy : Moi, j’aime souvent dire que je n’ai pas de place pour de regret. Il faut assumer ses choix, apprendre de ses erreurs. Par exemple, avec l’équipe nationale du mali, la condition pour que je retourne il faut que tout soit encadré, planifié des choses à l’avance que tout soit professionnel pour que je revienne. Avant, je me levais et je partais et je trouvais que rien a été fait et bonjour les galères. J’ai commis des erreurs que je ne veux pas revenir donc je préfère préparer le terrain pour que tout soit clair prévoir à l’avance et de jouer avec l’équipe nationale si possible. C’est cela ma philosophie.

L’Express de Bamako : Lors de l’Afrobasket 2009 contre la Tunisie en Libye ou la qualification ne tenait qu’à deux (2) lancés et après 40 mn de jeu, vous avez raté un lancé. Ce match vous revient en tête souvent?

Amara Sy : Ha non, je ne peux pas avoir de regret par ce que moi quand je suis sur un terrain de basketball, je donne tout. Ce que j’ai fait ce jour là, j’aurais dû faire plus, non. On ne peut pas regretter d’avoir raté un shoot, parce que forcement on ne fait pas exprès de rater. Lors de cette CAN, il y avait pas mal de problèmes extra basket, y avait pas mal de désorganisation, nous les joueurs, on s’est battu sur le terrain, on a fait des erreurs, on a fait des bonnes choses. On s’est battu pour le maillot et on a tout donné. N’y a vraiment rien à regretter par rapport ça.

L’Express de Bamako : Comment avez vous la crise que notre pays, le Mali traverse depuis quelques années?

Amara Sy : Exactement comme je l’ai dit, j’ai ma famille qui est au Mali donc tous les trois jours j’appelle ma mère, mon grand frère pour prendre des nouvelles pour me rassurer. C’est que en France, en Europe ou même aux Etats-Unis, quand on regarde des informations, ça fait peur, donc on s’inquiète pour nos proches en premier lieu, le peuple qui est sur place mais heureusement qu’ils nous rassuraient.

Apparemment, ça s’est un calmé mais on ne sait pas quand est-ce que ça va s’arrêter par ce qu’en réalité il y aura toujours une menace et la France qui est là-bas pour  entre guillemet, nous aider, d’après ce qu’ils disent, mais moi je ne crois pas trop en fait. Les gens sont tous là pour le profit. C’est l’histoire de l’Afrique pas seulement pour le Mali et je pense que c’est le cas au Mali. On ne sait pas comment il faut pour s’en sortir. Souvent j’en discute avec des amis et je pense qu’on ne s’en sortira pas, parce que l’occident ne sera jamais tranquille quand on a des problèmes entre nous et je pense que la plupart du temps c’est eux qui les créent.

On pense souvent que je suis paranoïaque, mais comme je me renseigne beaucoup surtout essayer de comprendre le pourquoi souvent, le comment des fois et je me remets sur la même conclusion. Toujours l’histoire des profits, de l’argent donc partout où il y a de pétrole, de l’or ou il y a de la richesse naturelle, forcement il y a des conflits. C’est assez triste pour l’Afrique. L’Afrique n’a pas besoin de ça mais voilà qu’est ce qu’on peut faire, ils sont puissants, des années ils sont là-bas prions pour la paix.

L’Express de Bamako : Votre dernier mot ?

Amara Sy : Mon dernier mot c’est l’espoir, encore l’espoir, plein de chose pour le Mali, pour l’Afrique. Aussi mon retour en équipe nationale, je n’essaie pas de vendre du rêve à qui ce soit, mais sous certaines conditions.

Réalisée par M. KONDO, depuis Lyon (France)