Réseaux sociaux

 

 

 

À 6 points, 5 rebonds et 1 passe de moyenne (pour 10 d’évaluation), Livio Jean-Charles se fait discret cette année en Pro A. Le jeune intérieur de l’ASVEL, drafté par les Spurs en 2013, semble marquer le pas dans sa progression.

À sa décharge, il a connu pas mal de pépins physiques. De passage dans la capitale des Gaules, Basket USA est allé à la rencontre du prospect guyanais pour faire le point avec lui. Elément clé de l’équipe de JD Jackson, qui joue les deux tableaux, national et européen (Top 16 de la FIBA EuroCup), Livio Jean-Charles est revenu sur les étapes de son parcours.

Livio, comment ça va physiquement déjà ? On sait que tu as eu quelques pépins cette saison. Et ce après une grosse blessure au genou en août 2013 (rupture des ligaments croisés du genou droit)… 

C’était les ischios [cette saison], ce n’était pas la même blessure. Non, pour mon genou, je suis à 100%. J’ai retrouvé toute ma force.

Tu as été drafté par les Spurs en 2013 (28e choix). Est-ce que tu as encore des relations avec San Antonio ? David Akinyooye venait te voir récemment, c’est ça ?

Je suis toujours en relation avec les Spurs, avec le General Manager et d’autres personnes du staff. Mais personne ne vient me voir, ce n’est plus comme l’année dernière.

« Je n’ai vraiment pas d’idée sur ce que je vais faire… »

Tu as fait la summer league l’été dernier, avec de belles performances défensives notamment. Comment as-tu trouvé l’expérience ?

Ça s’est bien passé à Utah. Défensivement, j’ai été bon. Après, je sais aussi que je dois progresser sur l’aspect offensif de mon jeu. Malheureusement, je me suis blessé à Las Vegas. Je n’ai pas pu finir mais l’équipe a tout de même gagné. Tant mieux. C’était quand même sympa.

Quand tu dis que tu dois progresser offensivement, quels sont tes objectifs à court terme ? Le shoot extérieur, la tenue de dribble…

Je pense que ça englobe beaucoup de choses mais de toute façon, il faut déjà savoir les bons choix au bon moment et pouvoir être capable d’être une menace.

Tu es en fin de contrat cette saison, est-ce que tu as déjà pensé à ce que tu vas faire ? Tu penses à l’Europe, à une trajectoire comme Axel Toupane, par la case D-League ?

[Hésitation] Je n’ai vraiment pas d’idée sur ce que je vais faire… Et tant mieux ! Comme ça, je suis pleinement concentré sur le présent et sur tout ce qu’on peut gagner cette saison. Après, ça va aussi beaucoup dépendre de la fin de saison, et sur ce que je vais être capable d’apporter à l’équipe.

Quel bilan personnel tires-tu de ta saison, même si elle n’est évidemment pas terminée ?

Ça a été compliqué parce que j’ai été absent un moment. J’essaie vraiment de remplir mon rôle et de faire ce que le coach attend de moi. Je suis très impliqué. À quelques détails près, quelques petites erreurs, je pense être dans ce que je suis censé faire.

« Je pense que je peux devenir un 4 qui peut voir le jeu »

Comment vois-tu ton évolution, car tu sembles être pris entre les postes 3 et 4 ? 

À terme, je pense que je peux devenir un 4 qui peut voir le jeu. Je m’inspire de ce que peut faire Boris Diaw par exemple, de ce qu’il fait en ce moment. Après ce sera une décision du staff, ils m’orienteront vers ce qu’ils veulent faire de moi.

Travailles-tu spécifiquement sur ce jeu au poste bas, pour distribuer la gonfle, en tant que « point forward » ?

Oui, point forward. Ça va, je pense que je fais les bons choix, les bonnes lectures quand je suis au post up. Ça m’arrive évidemment de louper une passe, mais en règle générale, s’il y a prise à deux, on sanctionne.

Avec ta comparaison, tu restes bien dans la maison Spurs. À ce propos, comment as-tu trouvé l’organisation de San Antonio l’été dernier ? Sont-ils vraiment si différents ?

De toute façon, c’est connu, les Spurs, ils ont une très belle organisation. Et ça se ressent, même au niveau de la summer league. J’ai travaillé avec Becky Hammon. C’était la première femme coach d’une équipe NBA. Mais on n’a pas ressenti de différence [avec un coach homme]. On n’a même pas eu à y penser. Ils sont novateurs dans bien des domaines, et Becky en est le plus bel exemple.

Est-ce que tu te sens bien dans ce système NBA, qui est très différent de la culture européenne ? 

C’est une façon de penser différente. C’est pas le même monde, c’est un peu plus tourné vers le show. Les règles ne sont pas les mêmes. C’est différent mais quand on a une éthique de travail, que ce soit en France, en Europe ou aux Etats-Unis, ça fonctionnera.

« Plus il y aura de Guyanais dans la ligue, mieux ce sera »

Tu es guyanais, comme Damien Inglis et Kevin Séraphin, est-ce que tu es en contact avec eux ? 

Oui, j’envoie fréquemment des textos à Damien. On est très proche. On a tout fait ensemble, le club, le pôle, l’INSEP. Je suis content pour lui et je vois son évolution. Et j’espère que je pourrais le rejoindre.

Il te dit quoi ? Il te dit de venir en NBA, de tenter le coup aussi ? 

Oui, il espère. On rigole souvent en disant que plus il y aura de Guyanais dans la ligue, mieux ce sera. Mais on sait bien que ce n’est pas évident de rentrer en NBA.

Quels sont tes souvenirs du Hoop Summit ? Tu avais fait un gros match, et ta cote était alors montée en flèche. 

Oui, c’est la bourse. Je m’en souviens bien. C’est un match qui peut changer la vie. Forcément, c’est un bon souvenir. J’ai rencontré beaucoup de personnes à cette occasion. On avait un groupe très fort, que ce soit côté Etats-Unis ou côté Monde. C’est un bon souvenir.

Et la draft, comment tu l’as vécue ? 

C’est un autre monde. On est comparé à d’autres personnes. Tout est un peu histoire de stratégie. Monter, pas montrer. C’est beaucoup aussi un travail d’agent. Le mien a fait son boulot. Malheureusement, je n’ai pas pu être à la cérémonie parce que j’étais avec l’Equipe de France le lendemain en Turquie. C’était sympa, je l’ai vu à la télé. J’étais un peu en stress mais quand j’ai vu mon nom, j’étais content.

On te souhaite bonne chance pour ta fin de saison, et on te retrouve bientôt aux Etats-Unis ? 

Oui, c’est mon objectif.

Dans combien de temps, un ou deux ans ?

Je ne fixe pas de limite de temps par contre. On verra.

Source: basketusa.com